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Echinacea

 

Pour les tribus indiennes des plaines d’Amérique du Nord, notamment les Oglala Lakota, Cheyenne, Omaha, Kiowa et Comanche, l’échinacée était un remède précieux. Ils ont rapporté les nombreux usages de cette plante aux migrants européens, aux marchands et aux trappeurs, puis, au début du XXe siècle, aux ethnobotanistes. L’échinacée est utilisée pour soulager les maux de gorge, les douleurs gastriques et dentaires, ou encore comme anti-inflammatoire en cas de blessure, de plaies persistantes, d’empoisonnement du sang, de morsures de serpent, contre la rage, pour tous les symptômes de la grippe et des refroidissements, pour soigner les maladies de la peau, ou pour fortifier l’organisme en cas de variole par exemple. On utilisait les racines mâchées ou écrasées en purée, on mastiquait les feuilles, ou l’on préparait des infusions de plantes fraîches, en mélangeant feuilles, fleurs et racines.

Avec succès : le professeur Kelly Kindscher (Université du Kansas) a pu prouver que cette plante était utilisée par 19 tribus des grandes plaines d’Amérique, ainsi que par de nombreuses peuplades de l’est et du sud-est des États-Unis actuels. En 1805, les explorateurs Lewis et Clark ont fait parvenir au Président Thomas Jefferson des racines et des graines d’échinacée, car cela constituait des produits « d’une grande valeur scientifique et économique », explique le professeur Kindscher. Ainsi, l’échinacée était très utilisée chez les Indiens d’Amérique du Nord avant de se diffuser dans le monde.

 

Recolte de l'échinacée chez A.Vogel

À la fin du XIXe siècle, l’Allemand H. C. F. Meyer découvre la plante et l’introduit dans la médecine naturelle des États-Unis, baptisant le remède « dépuratif Meyer ». En Europe, on utilise tout d’abord les différentes espèces d’échinacées comme plantes ornementales, avant de découvrir leur potentiel médical au cours des années 30 (du XXe siècle). La science ne se penchera sur le sujet que bien plus tard. Comme souvent, le naturopathe suisse Alfred Vogel a joué un rôle de pionnier : il aimait raconter qu’il avait reçu en guise de cadeau des graines d’échinacée pourpre (« Ichahpe hu » en langue Lakota), de la part du chef Sioux Lakota Ben Black Elk, au début des années 50. Plus tard, Alfred Vogel s’est mis à cultiver cette plante en Suisse.

En raison de son action positive sur le système immunitaire, notamment en cas de refroidissements et d’infections virales, l’échinacée pourpre est devenue la plante favorite d’Alfred Vogel et sa réputation s’est répandue dans toute la Suisse.

De nos jours, les préparations à base d’échinacée sont utilisées en prévention des refroidissements (un Européen souffrira d’infection grippale entre deux et cinq fois par an en moyenne), également en cas d’infections plus sévères comme la vraie grippe (Influenza) et pour apaiser les symptômes lorsque la contagion est avérée.

Sur les neuf espèces de la famille des échinacées, toutes originaires du centre et du sud-est des États-Unis, certaines se sont répandues, tandis que d’autres ne poussent qu’en des endroits limités. Les trois espèces les plus répandues sont celles qui revêtent naturellement la plus grande importance médicinale (Echinacea purpurea), le rudbeckia jaune pâle ou hérisson des prairies (Echinacea pallida), et lerudbeckia à feuilles étroites (Echinacea angustifolia). Les habitants originels, selon l’origine des tribus, utilisaient l’une ou l’autre de ces espèces.

Aujourd’hui, on utilise comme remède essentiellement l’échinacée pourpre, les deux autres espèces sont désormais délaissées.

 

C’est important pour un grand nombre d’abeilles sauvages et de papillons.

C’est le cas pour deux raisons principales. Parmi les principales substances de l’échinacée, outre les huiles essentielles, on trouve des dérivés d’acide caféique, des polysaccharides et des glycoprotéines, des polyynes (un type d’hydrocarbure) et des flavonoïdes. Les alkylamides (parfois appelés alkamides) jouent également un rôle primordial, grâce à leurs propriétés anti-inflammatoires et régulatrices des défenses immunitaires.

Les différentes espèces de plantes contiennent cependant des composants variés. La fabrication des préparations à base d’échinacée est réalisée à partir des fleurs fraîches, des racines, ou de la plante entière. La fleur et les racines de l’échinacée pourpre et du rudbeckia à feuilles étroites possèdent les mêmes groupes de composants, mais en quantité et en combinaison différentes. Quelques exemples : les alkamides des racines de l’échinacée pourpre ne sont pas les mêmes que ceux du rudbeckia à feuilles étroites. La racine du rudbeckia à fleurs jaune pâle (Echinacea pallida) possède ce groupe en faible quantité. La quantité d’acide chicorique (un acide caféique) est dix fois plus élevée chez l’échinacée pourpre que chez les autres espèces ; tandis que l’échinacoside, caractéristique des espèces E. angustifolia et E. pallida, est également présent chez l’échinacée pourpre. (À noter toutefois que ces affirmations dépendent des sources dont elles proviennent).

Dans les années 90, on a identifié deux polysaccarides, réputés avoir un effet régulateur sur les défenses, uniquement dans les racines de l’échinacée pourpre.

Toutes les échinacées ne sont pas identiques. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que la commission E de l’Office de la santé allemand ait reconnu en 1989 seulement la plante fraîche échinacée pourpre comme étant bénéfique. Depuis les années ont passé, et de nouvelles découvertes ont vu le jour.